Aller au contenu principal
Fermer

La cour d'appel de Paris demande à l'AMF de réexaminer la scission de Vivendi
information fournie par Reuters 22/04/2025 à 18:36

Vincent Bollore assiste à la réunion des actionnaires de Vivendi à Paris

Vincent Bollore assiste à la réunion des actionnaires de Vivendi à Paris

La cour d'appel de Paris estime que l'homme d'affaires français Vincent Bolloré contrôle le groupe Vivendi et que l'Autorité des marchés financiers (AMF) doit en réexaminer l'opération de scission réalisée fin 2024, d'après une décision rendue mardi.

La décision intervient dans le cadre d'un litige entre Vivendi et un de ses actionnaires minoritaires, le fonds activiste parisien CIAM.

La société de gestion parisienne s'opposait aux modalités décidées pour la scission du groupe Vivendi, estimant qu'elles ne respectaient pas le droit boursier et nuisaient aux actionnaires minoritaires.

D'après CIAM, ce projet permettait au groupe Bolloré, actionnaire de Vivendi, d'étendre son contrôle sur le groupe sans avoir à déposer d'offre publique.

"Cette décision est une décision historique pour les actionnaires minoritaires", a déclaré par mail à Reuters mardi l'un des avocats de CIAM, Julien Visconti.

"La cour d’appel de Paris a repris son rôle de gardien des droits des minoritaires et envoie un signal très fort à l’AMF", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, CIAM a pour sa part salué la décision de la cour d'appel. Le fonds avait contesté le projet de scission de Vivendi devant l'AMF en novembre 2024, sans succès.

Dans son arrêt, la cour estime que Vincent Bolloré, "qui contrôle le groupe Bolloré, a déterminé en fait, par les droits de vote dont il disposait, les décisions dans les AG de Vivendi".

"Dès lors, il convient de retenir l’existence d’un contrôle de M. Vincent Bolloré sur Vivendi", est-il ajouté.

La cour d'appel demande donc à l'AMF d'examiner la scission pour éventuellement "apprécier les conséquences de l’opération au regard des intérêts des actionnaires minoritaires" et "décider s’il y a lieu ou s’il y avait lieu à mise en œuvre d’une offre publique de retrait sur les titres de Vivendi".

En décembre, Vivendi a acté son démantèlement et la cotation de ses différentes entités sur différentes places boursières. Le groupe audiovisuel français Canal+ est ainsi désormais coté sur le London Stock Exchange.

Vivendi et Bolloré ont la possibilité de contester cette décision par un pourvoi en cassation.

"Le Collège de l’AMF examinera en détail la décision rendue par la Cour d’appel de Paris et ses implications", a déclaré l'AMF à Reuters mardi.

Interrogé pour savoir quand il envisageait de rendre sa nouvelle décision sur le dossier, le gendarme boursier a dit ne pas avoir d'autres commentaires.

Dans un communiqué publié mardi après-midi, Vivendi a dit prendre acte de la décision de la cour d'appel et a noté que la scission du groupe avait été "très largement approuvée par plus de 97,5% de ses actionnaires".

"Si l'Assemblée générale s’était tenue sans le groupe Bolloré, les trois résolutions relatives au projet de scission auraient recueilli 95,7% de votes positifs pour un quorum recalculé de 40,91%, démontrant l'importante adhésion de l’ensemble des actionnaires", a dit le groupe.

"Vivendi reste confiant dans la capacité de cette scission à être créatrice de valeur pour l'ensemble des parties prenantes et dans l'évolution opérationnelle et boursière des quatre entités concernées", a-t-il ajouté.

Contacté, le groupe Bolloré n'a pas répondu à une demande de commentaire.

(Reportage par Florence Loève, avec la contribution de Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)

Valeurs associées

4,780 EUR Euronext Paris +0,89%
2,407 EUR Euronext Paris +0,38%

14 commentaires

  • 22 avril 21:50

    Selon que vous serez dans le camp du bien ou pas, les juges rouges interpréteront le droit en votre faveur ou pas.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale 2025 à Washington, D.C.
    information fournie par Reuters 25.01.2026 10:05 

    La Pologne n'est pas pressée de ‍rejoindre la zone euro, a déclaré le ministre des Finances ‌Andrzej Domanski dans un entretien publié dimanche par le ​Financial Times. Andrzej Domanski a ⁠estimé que les arguments en faveur de l'adoption de ⁠la ‍monnaie unique ... Lire la suite

  • Un badge de l'association "Protéger l'Enfant" lors d'un rassemblement de "mères en révolte" place de la République à Paris le 9 septembre 2025 ( AFP / Ian LANGSDON )
    information fournie par AFP 25.01.2026 09:36 

    Ya-t-il un problème dans le traitement judiciaire de l'inceste parental? Soulevée par des associations et des collectifs de mères depuis plusieurs années, cette question pourrait bientôt faire l'objet d'une commission d'enquête parlementaire. Portée par le député ... Lire la suite

  • L'acteur et réalisateur Bertrand Usclat pose 6 avril 2024 lors du festival de Cannes ( AFP / JOEL SAGET )
    information fournie par AFP 25.01.2026 09:29 

    "De la Comédie-Française", de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, a remporté un record de quatre prix au Festival du film de comédie de l'Alpe d'Huez, qui a également récompensé Laurent Lafitte et Laure Calamy. Le Grand prix a été accordé par le jury du festival, ... Lire la suite

  • Les anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal lors d'un meeting du parti Renaissance, le 6 avril 2025 à Saint-Denis ( AFP / Thomas SAMSON )
    information fournie par AFP 25.01.2026 09:04 

    L'un est candidat déclaré à l'élection présidentielle. L'autre s'en cache à peine. Ces deux anciens Premiers ministres ont en commun de s'être éloignés d'Emmanuel Macron. Chacun dirige son parti, tourné vers l’Élysée. Mais ni Édouard Philippe, ni Gabriel Attal ... Lire la suite

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...